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La médecine intégrative

Sous la direction des Drs. Jean-claude Lapraz et Alain CARILLON

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Il existe actuellement, à l’échelle planétaire, un courant qui se développe rapidement en faveur de la médecine dite intégrative. Initié aux USA, il présente comme intégratif le recours à diverses conceptions et moyens de traitements dits alternatifs, ou complémentaires, prescrits simultanément et en parallèle aux méthodes officielles d’approche et de traitement des patients.

L’intégration, oui ! Mais quelle intégration ?

L’analyse des diverses composantes de ce courant laisse apparaître de graves lacunes face aux exigences méthodologiques que requiert l’intégration lorsque sa finalité est ordonnée à l’être humain.

Tel qu’il se développe, il se révèle générateur de graves erreurs et confusions dans l’approche du vivant, conséquence inéluctable d’une mauvaise compréhension de ce qu’est réellement l’intégration.

La notion d’intégration en médecine
ne peut reposer que sur une conception éclairée du fonctionnement physiologique du vivant qui explique en quoi et de quelle manière les divers systèmes qui constituent le corps humain sont reliés et coordonnés entre eux pour permettre le maintien de la vie, et comment il gère ses relations avec son environnement, de quelque nature que soit ce dernier.

Or, le courant "intégratif" qui se développe actuellement en médecine consiste en réalité à faire des amalgames, en se bornant à considérer comme intégrative la mise côte à côte d’un ensemble d’éléments qui ne sont ni replacés ni interprétés dans le cadre d’une réflexion générale véritablement synthétique et dynamique.

L’approche médicale spécifique que nous proposons - l’endobiogénie - s’est appliquée à répondre aux critères scientifiques de l’intégration en ce qu’elle s’efforce de comprendre la complexité, et d’intégrer l’ensemble des systèmes dans une vision cohérente de la globalité basée sur les données de la science actuelle. Elle permet de déboucher sur une véritable stratégie thérapeutique intégrative qui ne se limite pas à une simple juxtaposition de méthodes de soins mais qui propose - au regard de ces critères et de la réflexion médicale - une sélection hiérarchisée et justifiée des moyens de soins.

Ainsi, la véritable intégration ne consiste pas à juxtaposer dans la panoplie thérapeutique diverses approches aussi "naturelles" ou aussi "complémentaires" soient-elles : médecine chinoise, médecine ayurvédique, acupuncture, homéopathie, etc… voire des conceptions différentes du vivant ou diverses philosophies qui sortent du cadre strictement médical et scientifique.

En effet, nous sommes ici en présence d’amalgames regrettables, source d’importantes confusions mêlant sans discernement :

  • des moyens thérapeutiques différents mais pouvant être complémentaires, tant dans leur appréhension que dans leurs modalités d’utilisation :
    complémentarité n’est pas intégration,
  • des concepts philosophiques particuliers d’approche du vivant, dont le domaine de réflexion se situe au niveau des croyances et des choix personnels, qui ne peuvent légitimement être appliqués directement dans un cadre de thérapeutique médicale, qui lui doit répondre à des critères strictement scientifiques d’utilisation.

De tels amalgames peuvent générer chez l’individu auquel les pratiques proposées sont appliquées - sans la prudence indispensable à sa prise en charge - de graves conséquences, tant sur le plan médical et psychologique, que spirituel (risque de dérives sectaires).

La véritable intégration n’est pas la réduction de l’individu à sa relation au monde : mode de vie, agresseurs émotionnels, facteurs environnementaux, perturbateurs endocriniens divers. Certes ces éléments doivent être considérés et toujours pris en compte, non pas comme causalité première de la pathologie en cours, mais comme facteurs sollicitant les processus d’adaptation de l’organisme, déclenchant ou favorisant alors de possibles dysfonctions des systèmes régulateurs.

La véritable intégration ne consiste pas non plus à considérer comme intégratif le seul fait d’introduire dans l’approche médicale la composante dite psychologique de l’individu alors que cette composante appartient par nature à l’ensemble de sa réalité physiologique générale et relève des mêmes mécanismes de régulation.

Une méthodologie nouvelle s’impose

L’approche particulière qui est la nôtre – l’endobiogénie - part de l’idée que la finalité première de tout système vivant, et celle de l’organisme humain en particulier, est de se maintenir en un état d’équilibre harmonieux (santé) et de tout faire pour le conserver. Ceci est possible grâce à des systèmes spécifiques (système neuro-endocrinien) mobilisés par les différentes nécessités adaptatives auxquelles tout individu est en permanence confronté. La désadaptation de la réponse physiologique face aux besoins métaboliques engendrés par ces nécessités - tant dans les rapports respectifs de leurs différents éléments régulateurs que dans la chronologie de la mise en place de leurs réponses - est alors à l’origine de l’installation d’un état de déséquilibre précritique, puis critique. La maladie n’est, de ce fait, que l’expression finale de ces déséquilibres inducteurs.

En conséquence, le véritable traitement étiologique sera celui capable de corriger les anomalies responsables de cette réponse désadaptée, celui qui aide et soutient l’organisme dans ses efforts pour conserver ou retrouver un état d’équilibre physiologique cohérent. Il se situera au point de bascule situé là où les dysfonctions de ses systèmes régulateurs neuroendocriniens ne lui permettent plus un retour à l’état d’équilibre initial mais le font passer dans la physiopathologie, et donc la maladie.

 



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