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L’équilibre hormonal est la clé de notre santé - Inverview de Jean-Claude Lapraz

Parue en avril dans "La vie", 20 avril 2016

Le système hormonal intervient à tous les niveaux de notre corps et de notre esprit : une Interview de Jean-Claude Lapraz, médecin et chercheur qui développe depuis plus de 40 ans une approche de la médecine de terrain, l’endobiogénie, médecine intégrative visant à rétablir les équilibres internes de l’organisme et à stimuler les mécanismes d’autoguérison.


L’endobiogénie, médecine prometteuse fait l’objet de publications internationales et est enseignée dans plusieurs pays du monde. Plutôt que se focaliser sur la seule maladie, elle remet l’homme au centre de la réflexion. Dans cette approche, comprendre et accompagner le système hormonal vers plus d’équilibre est primordial et constitue la clé de la santé.

Propos recueillis par Sophie Bartczak

Vous considérez le système hormonal comme le chef d’orchestre de notre organisme. Pourquoi ?

Jean-Claude Lapraz (J.C.L.) Actuellement, l’étude des hormones est plutôt du domaine des endocrinologues et elle est considérée comme une « spécialité ». En se limitant ainsi à l’étude d’une « partie » de notre organisme, on ne s’intéresse à elles que lorsque leurs déséquilibres entraînent des maladies évidentes du système hormonal, comme par exemple le diabète. Pourtant les hormones sont au centre de la vie. Ce sont elles qui assurent l’architecture même du vivant et son fonctionnement. En effet, la vie implique une succession permanente de mouvements. À chaque seconde, des cellules sont détruites et reconstruites afin d’assurer un équilibre constant. Cette organisation du vivant est pilotée par le système hormonal qui nous permet de nous adapter en permanence à notre environnement de manière cohérente. Grâce aux hormones, il intervient non seulement à tous les niveaux de notre corps mais aussi de notre esprit.

Les systèmes hormonal et nerveux sont les deux grands axes de communication de notre corps. Quelle est la spécificité des hormones ?

J.C.L. En assurant la construction de l’organisme dès la conception, le système hormonal préside à la vie physique, émotionnelle et intellectuelle de l’être. Sans les hormones, il n’y aurait pas de vie et le fœtus ne pourrait se développer. Alors que le système hormonal est actif dès la fécondation, le système nerveux se met, lui, en place plus tard au cours de l’embryogenèse à la septième semaine. Il est donc second, ce qui se comprend car il faut d’abord construire les structures du corps avant que celles-ci ne permettent l’apparition de la pensée. Ces deux systèmes fonctionnent en permanence en interaction et sont ­interdépendants, mais il faut bien comprendre que sans le système hormonal la vie n’est pas possible. En effet, c’est lui qui gère notre organisme, depuis le fonctionnement du noyau de toute cellule jusqu’à celui de la globalité de notre être.

Vous comparez notre système hormonal et notre organisme à une usine. Plus précisément ?

J.C.L. Imaginez une usine qui fabrique des voitures. Il faut une cohérence dans la chaîne de fabrication et suivre des étapes de construction bien précises. Si on passe de l’étape 1 à 4 directement, on obtiendra une voiture sans roues ni freins, par exemple. Eh bien, le système hormonal suit la même logique à travers quatre grandes chaînes de fabrication. C’est pourquoi derrière toute maladie, quelle qu’en soit la nature, il y a toujours un déséquilibre hormonal. Psychose, névrose, dépression, cancer du sein ou encore bronchites chroniques sont le signe de mécanismes dérégulés. Une même maladie peut être ainsi le résultat de différentes causes : est-ce la chaîne 2 qui travaille trop ou la chaîne 4, pas assez ? C’est le rôle du médecin d’identifier l’endroit précis qui dysfonctionne : cela n’est possible que s’il remet le patient – et non la maladie – au centre de sa réflexion. Comprendre l’histoire du patient et son fonctionnement, c’est la procédure incontournable pour pouvoir identifier le dérèglement ou la faiblesse hormonale d’une des chaînes de production.

Avons-nous chacun un équilibre hormonal qui nous est propre ?

J.C.L. Oui. Nous sommes façonnés par notre parcours de vie et notre environnement (climat, aliments, émotions, relations…) qui modulent l’expression de nos gènes (épigénétique) via nos hormones. Ces dernières sont en effet comme des clés susceptibles de faire s’exprimer ou non tel gène hérité de nos parents. Pour comprendre clairement les liens entre nos gènes et les maladies qu’ils sont susceptibles de faire apparaître, il faut comprendre le rôle du système hormonal car le génome est sous le contrôle de nos hormones. Il n’y a donc pas d’inéluctabilité absolue dans l’expression des déséquilibres génétiques dont nous sommes porteurs.

Comment intervenir sans risque sur ces subtiles et complexes organisations de chaque personne ?

J.C.L. En comprenant comment son corps et son esprit se comportent. Face à un patient sujet à des infections respiratoires récidivantes, plutôt que de se limiter à cibler le germe, mieux vaut se demander pourquoi l’organisme lui a laissé la possibilité de manifester son pouvoir agressif et de déclencher la maladie. Apparemment les systèmes de défense immunitaire ont baissé. Pourquoi ? Est-ce la conséquence d’un excès d’activité du pancréas (trop ­d’insuline) ou d’une baisse excessive de cortisol chez un sujet épuisé dont les capacités anti-­inflammatoires sont diminuées ? Ainsi, sans avoir de maladie hormonale, on peut présenter des déséquilibres hormonaux responsables de désordres de santé « sans lien apparent avec les hormones ». En identifiant ces déséquilibres et en les corrigeant via des plantes adaptées ou certains régimes alimentaires spécifiques, on voit disparaître bien des maux du quotidien et on limite ainsi la survenue de maladies chroniques ou graves, fruit de subtils déséquilibres hormonaux au long cours.


Interview publiée dans "La Vie", 20 avril 2016, au sein du dossier "Ces hormones qui nous gouvernent"


Suite à la parution de l’article dans la presse « Ces hormones qui nous gouvernent » paru dans la Vie le 21 Avril 2016, la rédaction de cette revue hebdomadaire nous a transmis le courrier suivant :

« Merci pour cet intéressant dossier sur ces hormones discrètes qui nous gouvernent, et particulièrement le "24H chrono... avec nos hormones". Ce panorama survole avec justesse toutes les régulations et contre-régulations hormonales de notre organisme au long de la journée. Il montre l’étendue du champ de la spécialité médicale endocrinologie et maladies métaboliques.
Je regrette cependant que vous n’ayez pas donné la parole à un endocrinologue clinicien. Ces spécialistes discrets n’ont pas le temps d’écrire des livres grand public, mais ce sont des internistes qui soignent leurs patients dans leur globalité et appliquent les données acquises de la science avec rigueur.
Je ne suis pas convaincue que les effets de la phytothérapie passent par des mécanismes directs hormonaux scientifiquement démontrés et que des traitements par les plantes vont guérir ou prévenir des maladies thyroïdiennes, des diabètes ou des maladies chroniques avérées. Et cela peut être dangereux de le faire croire.

Docteur F.G., ancien chef de service Endocrinologie Centre Hospitalier de X »
 

Réponse du Dr Lapraz

Président de la SIMEPI

« Tout acte thérapeutique doit reposer sur un diagnostic clinique précis étayé par des examens complémentaires. Ceci s’impose à tout médecin, quel que soit le mode de traitement qu’il utilise et les moyens (produits de synthèse, plantes médicinales, autres) auxquels il va avoir recours pour traiter son patient. Que ce soit à visée curative ou préventive, le choix thérapeutique doit s’inscrire dans une stratégie cohérente : d’abord ne pas nuire, et ne recourir aux armes lourdes qu’en cas d’urgence ou si le pronostic vital est engagé.

Si l’organisme est incapable de maintenir son propre équilibre, alors le recours aux médicaments substitutifs s’impose, et la chirurgie si nécessaire.
Mais le chemin qui mène à la maladie avérée ne se fait pas en un jour.
Par exemple, la maladie de Basedow est l’aboutissement de longs déséquilibres fonctionnels dont la non prise en compte par des moyens thérapeutiques adaptés explique pour une large part la survenue. Mais cette maladie de la thyroïde qui s’emballe existe bien avant le big-bang de son explosion.
Comme pour l’ensemble des domaines de la médecine, les plantes médicinales trouveront ici aussi, dans cet exemple particulier, un rôle capital.

En effet, elles sont dotées d’une activité pharmacologique réelle, bien adaptée aux exigences d’une régulation physiologique de déséquilibres latents ou patents, et prouvée par de nombreux travaux scientifiques référencés dans le principal moteur de recherche de données bibliographiques de la biologie et de la médecine (Pub Med)1
Judicieusement choisies et adaptées à l’état spécifique du sujet considéré, elles se présentent comme des moyens thérapeutiques efficaces, comme peuvent en apporter par des preuves répondant aux critères de la science actuelle les nombreux médecins qui, de par le monde, les utilisent.2
A titre d’exemple, et pour nous limiter à la seule glande thyroïde :

1 - Activité de freination de la glande thyroïde 3 :
LYCOPE (Lycopus europa) : freinateur de l’excès d’activité centrale TRH/TSH et qui inhibe la transformation de la thyroxine (T4) en tri-iodothyronine (T3), diminuant ainsi les effets des hormones thyroïdiennes. Cette plante est aussi douée de propriétés antigonadotropes expliquant son effet chez les femmes hyperthyroïdiennes présentant des bouffées de chaleur en période de ménopause.

BRASSICA oleracea (Chou) : son action antithyroïdienne est bien connue et ses mécanismes parfaitement élucidés. Ce végétal inhibe la synthèse des hormones thyroïdiennes en captant l’iode par les thiocyanates qu’il contient, ce qui entraîne un blocage de la formation de la thyroxine (T4) et peut provoquer dans un deuxième temps l’apparition d’un goitre par la relance réactionnelle de la TSH.

2 - Activité de stimulation de la glande thyroïde :
FUCUS vesiculosus (Fucus)
Cette plante marine absorbée sous forme de poudre, apporte environ 1 microgramme d’iode par milligramme de Fucus. Elle est conseillée en cas d’insuffisance thyroïdienne avec carence en iode : elle est donc intéressante pour traiter les hypothyroïdies frustes sans auto-anticorps avec une TSH élevée et une T4 basse. Ce qu’il faut savoir c’est que son absorption prolongée peut induire une hyperthyroïdie.
Du fait de sa teneur en iode, elle peut rendre impossible l’examen scintigraphique de la thyroïde, c’est pourquoi les radiologues demandent toujours aux patients s’ils ont absorbé des médicaments à base d’iode, ce qui interdit l’examen car alors la scintigraphie sera « blanche ».

C’est par l’usage quotidien des plantes médicinales que le médecin peut visualiser la réalité de leurs actions. Elles doivent retrouver leur vraie place au sein de la médecine et ne pas être rejetées de principe hors d’elle par ceux qui n’en ont pas la connaissance ni la pratique. »

1) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/advanced.
2) Pour plus de renseignements :www.simepi.info
3) cf articles scientifiques sur Pub Med